Gordina Journal
The Scarab
comment un bousier est devenu le symbole égyptien de la renaissance
Le scarabée, le soleil levant et les petits objets qui portaient un espoir de renouveau. Un regard sur l’histoire derrière le motif Scarab de Gordina.
Avant de devenir un motif brodé, le scarabée était un petit animal observé dans le paysage de l’Égypte ancienne. Ses mouvements et son cycle de vie ont été associés au soleil, à la création et à l’espoir de recommencer. Cette histoire est le point de départ du Scarab de Gordina.

Le scarabée et le soleil
Les bousiers rassemblent des excréments et en roulent des boules sur le sol. Les anciens Égyptiens ont rapproché ce mouvement de la course du soleil dans le ciel. Des scarabées émergeant de la matière enfouie évoquaient aussi une vie surgissant de la terre, associant l’insecte à la régénération.
Le scarabée était lié à Khépri, le dieu du soleil levant. Sur le pyramidion d’Iufaa, aujourd’hui au Metropolitan Museum of Art, le soleil repose sur les pattes antérieures d’un scarabée. L’image rend ce lien visible : l’insecte participe à l’arrivée d’un nouveau jour.
Un petit objet, plusieurs usages
Les amulettes en forme de scarabée ont donné à cette symbolique une place dans des objets que l’on pouvait porter ou garder sur soi. Beaucoup possédaient une face inférieure plate, gravée de noms, de signes ou d’images. Certaines servaient aussi de sceaux : pressées dans l’argile tendre, leurs surfaces gravées laissaient une empreinte.
Le sens d’un scarabée dépendait aussi de son contexte. Un objet porté durant la vie et un autre préparé pour une sépulture pouvaient partager une même forme tout en remplissant des fonctions différentes. La matière, l’inscription et l’emplacement nous aident à comprendre ces différences lorsque ces informations subsistent.
Observer les deux faces révèle tout ce qu’une petite forme peut contenir. Le scarabée présenté ici ne mesure que 2,5 centimètres de long. Réalisé en bleu égyptien et en or au début de la XVIIIe dynastie, il associe un corps de coléoptère à un motif de scarabée ailé sur sa base. Ses détails appartiennent à un objet et à une période précis dans l’histoire bien plus longue de ce symbole.
Le scarabée de cœur
Les scarabées avaient aussi leur place dans les préparatifs de l’au-delà. Les scarabées de cœur étaient des amulettes funéraires associées au jugement du défunt. Leurs inscriptions s’adressaient au cœur pour lui demander de ne pas témoigner contre son propriétaire.
Le scarabée de cœur d’Hatnefer en offre un exemple précis. Taillé dans la serpentinite et monté en or, il porte une version du chapitre 30A du Livre des morts. Le Met le date d’environ 1491–1473 avant notre ère. Ici, le lien entre le scarabée et le renouveau devient une requête personnelle, inscrite pour une personne nommément désignée.
Du symbole au fil
Chez Gordina, le scarabée devient une broderie sur un vêtement du quotidien. Son lien avec le renouveau donne au motif une histoire qui dépasse ses contours. Les objets historiques présentés et évoqués ici apportent un contexte à cette histoire.
Traduire un symbole en fil attire l’attention sur sa forme : le corps arrondi, l’équilibre des pattes et les espaces qui les séparent. Sur le coton, ces détails deviennent une surface que l’on peut voir et toucher. C’est ce qui nous intéresse dans la broderie : elle invite à prendre le temps de regarder un motif, à observer sa construction et à se demander d’où vient sa signification.