Gordina Journal
Star and House
de l’argile au fil
Une figure de tatoueuse dans un roman a ouvert une nouvelle perspective sur les écritures anciennes. Star and House transpose cette idée en broderie, réunissant deux images familières dans une création contemporaine nourrie de lectures, de souvenirs et de lieux où l’on se sent chez soi.

Star and House a pour point de départ une tatoueuse de fiction : l’idée de porter une écriture ancienne sur le corps. La lecture de There Are Rivers in the Sky, d’Elif Shafak, a mené au cunéiforme, puis à un dessin destiné au coton. Ce lien personnel s’est construit à travers un livre, plutôt que par la découverte d’un textile ancien.
Changer de matière
Les formes caractéristiques du cunéiforme étaient obtenues en pressant un stylet dans l’argile. Le Metropolitan Museum of Art décrit ce geste dans son histoire des premières écritures.
La broderie demande une autre forme de trait. Le fil a une épaisseur et prend la lumière ; le tissu bouge sous lui. Sur un T-shirt, cette géométrie se découvre de près et accompagne les gestes quotidiens.
Deux repères
Le nom réunit deux images : une étoile au-dessus de nous, une maison en dessous. Pour Gordina, leur association évoque la distance et l’abri, le monde qui nous entoure et l’endroit où l’on revient.
Il s’agit de notre interprétation, et non de la traduction d’une phrase ancienne. Le dessin rassemble ces deux idées dans une composition contemporaine. Son histoire suit un chemin simple : d’un livre à l’intérêt pour une écriture, puis de cet intérêt au fil.
À lire : There Are Rivers in the Sky, d’Elif Shafak.
La broderie aujourd’hui
Brodé dans l’atelier Gordina aux Pays-Bas.
Motifs d’étoile et de maison inspirés du cunéiforme, brodés sur la poitrine sur coton noir.

